Etudes et Traitement Analytique par le Psychodrame (E.T.A.P)

La mission de l’unité de Traitement Analytique par le Psychodrame

E.T.A.P. Traitement assure des soins dans le cadre d’un dispositif de psychothérapie psychanalytique particulier appelé : le psychodrame.

Le psychodrame psychanalytique est une thérapie qui utilise le transfert comme moteur de la cure afin de relancer les processus de changement. Ce sont les psychanalystes d’enfants français, en particulier LEBOVICI, DIATKINE, KESTEMBERG et ANZIEU qui ont su tirer parti du psychodrame cathartique mis au point par MORENO dans les années 20 pour lui donner sa forme actuelle qui implique une visée psychanalytique : la finalité du psychodrame analytique n’est plus l’expression cathartique mais la reconnaissance et l’élaboration des conflits psychiques internes.

Il s’adresse à ces patients (enfants, adolescents ou adultes), en grande difficulté pour être en relation avec eux-mêmes ou avec les autres. Ils ont peur de penser ou de ressentir leurs émotions ou leurs sensations corporelles. Ils vivent difficilement leur vie affective et ne peuvent figurer leurs conflits psychiques.

La présence de plusieurs analystes et l’effet rassurant d’un groupe permettent d’approcher avec tact et mesure ces difficultés.

Les patients adultes sont adressés à ETAP Traitement par leur psychiatre le plus souvent. Ils sont reçus en consultation pour un entretien d’évaluation qui permet de leur proposer le cadre le plus approprié : psychodrame individuel, en groupe, familial ou d’exploration.

Des liens sont maintenus tout le long de la cure avec le psychiatre référent.

Le psychodrame psychanalytique :

Le psychodrame psychanalytique est une possibilité d’approche pour tous les patients incapables d’organiser ou de figurer leurs conflits internes et d’accéder ainsi à un transfert analysable dans le seul cadre d’une psychanalyse ou d’une psychothérapie. Il est particulièrement indiqué pour des cas difficiles nécessitant la présence de plusieurs analystes.

Les patients qui relèvent du psychodrame ne correspondent pas à une nosographie psychiatrique unique. Le psychodrame s’adresse à des enfants, des adolescents ou des adultes névrosés graves, psychotiques ou états limites.

Ces patients ont en commun un certain nombre de particularités de leur fonctionnement psychique qui ne leur permettent pas d’utiliser pleinement les psychothérapies « seulement » verbales.

Ainsi, le psychodrame peut être proposé en remplacement mais aussi en association avec différents types de suivis : psychothérapie, psychanalyse, consultations, thérapies corporelles. Un suivi parallèle est même recommandé voire indispensable pour certains patients. En effet, la dynamique suscitée par le groupe peut nécessiter la possibilité de reprise dans un espace individuel. Enfin, un suivi psychiatrique avec prescriptions médicamenteuses parfois même dans une structure de soins de jour est une réalité de fait pour une partie des patients.

Psychodrame individuel ou psychodrame en groupe ?

Le psychodrame individuel, pour les patients qui peuvent le supporter, est le meilleur moyen de relance de leurs capacités élaboratives.

En revanche, la majorité des patients adultes semble sidérée par l’engagement dans un psychodrame individuel. Une terreur à décharge interne les inhibe un peu plus. Ils gardent à l’intérieur d’eux-mêmes la plus grande partie de leur destructivité. Ceux-ci profitent mieux d’un psychodrame en groupe dans lequel ils jouent à tour de rôle. Ces patients peuvent engager une relation libidinale socialisée avec les autres patients. Ainsi, ils opèrent des liaisons par la libido issue des deux groupes, celui des thérapeutes et celui des patients.

Les contre-indications du psychodrame :

Elles sont essentiellement représentées par toutes les symptomatologies qui résistent à notre approche psychodramatique pour combler la carence narcissique : les phases aiguës délirantes, les délires paranoïaques trop bien structurés, les personnalités perverses. Une alcoolisation massive et soutenue et la toxicomanie nous ôtent toute efficacité. Certains enfermements mélancoliques ne permettent aucun engagement réciproque.

 

Modalités d'admission

Orientation :

Si la demande du patient ne correspond pas à l’offre de soins en psychodrame à ETAP traitement, la secrétaire du service lui fournit les informations nécessaires pour une orientation adéquate auprès de structures adaptées à ses besoins (par exemple dans le cadre d’une demande pour un enfant ou pour un adolescent). Ce travail d’orientation est également réalisé auprès des professionnels de structures externes qui sollicitent régulièrement le service en cas de questionnement sur les indications de psychodrame

Consultation :

A l’issue de la consultation, le plus souvent unique, plusieurs situations sont possibles.

L’indication est confirmée et précisée, psychodrame individuel ou individuel en groupe. Le patient est alors adressé à un collègue meneur de jeu qui le recevra à son tour afin de le rencontrer pour évaluer la possibilité de l’intégrer dans son groupe. En l’absence de place disponible au sein des groupes d’ETAP traitement, les patients peuvent être inscrits sur la liste d’attente.

Ces patients peuvent également être adressés à des collègues dans d’autres institutions ou en libéral. Mais cette deuxième possibilité n’est envisageable que pour des patients qui ont les ressources financières nécessaires et aussi dont les difficultés psychologiques permettent un suivi en libéral, c’est-à-dire dans des conditions moins contenantes que celles d’une institution avec son cadre et ses « murs ».

Les autres centres de psychothérapie proposant également du psychodrame sont peu nombreux et disposent de moins de groupes qu’ETAP Traitement.

Une autre possibilité à l’issue de la consultation est l’orientation vers un autre type de traitement : en individuel, thérapie corporelle par exemple ou en groupe ou encore vers un suivi institutionnel et parfois indication pour une autre unité de la SPASM, Centre Mogador le plus souvent mais aussi CTR.

Des courriers sont adressés à l’envoyeur et au psychiatre traitant pour les informer des conclusions de la consultation et des propositions faites au patient.

Cadre des séances du PSD

Le psychodrame analytique individuel :

Il est centré autour d’un seul patient avec un groupe de thérapeutes comprenant le meneur de jeu et 2 cothérapeutes, acteurs potentiels.

Les acteurs sont disponibles autour d’une scène fictive où va se produire le jeu psychodramatique. La règle fondamentale est que le patient pourra tout jouer.

Lors de la séance, tout ce qui vient à l’esprit du patient peut être pris comme proposition de scène : une situation présente ou passée, vécue ou imaginaire, un rêve, une idée ou une absence d’idée, ou même des entités. C’est au patient qu’incombe le choix de la scène et du personnage qu’il veut jouer, ainsi que des acteurs pour représenter les autres rôles.

Le meneur de jeu est le seul à ne pas jouer. Il assure trois fonctions essentielles :

  • Il est le garant de l’organisation et de la continuité du cadre proposé. C’est lui qui a reçu le patient une première fois, a posé l’indication, a fixé le cadre. C’est lui qui accueille le patient et le raccompagne en fin de séance.
  • Il assiste le patient dans le rôle de metteur en scène et l’aide à élaborer son idée et assurer la possibilité d’un jeu.
  • Il assure une fonction interprétative en arrêtant le jeu, dans un dialogue singulier avec le patient. L’interprétation ne redouble pas le jeu interprétatif mais s’y accorde et le relance.

Ces moments de reprise par la parole et de rapprochement physique sont féconds ; ils relancent souvent l’activité associative du patient qui proposera une nouvelle scène. Une séance de psychodrame peut comporter deux ou trois jeux.

  • Les acteurs thérapeutes sont à la disposition du patient pour interpréter les rôles qu’il leur assignera. Il n’est pas pour autant souhaitable qu’ils collent à la réalité de la scène proposée. Ils peuvent au contraire s’en éloigner pour figurer de la façon la plus claire possible les mouvements pulsionnels du patient à qui ils prêtent leur préconscient.

Le psychodrame en groupe :

Extension du psychodrame individuel, il réunit un groupe de 4 patients, chacun proposant une scène à tour de rôle.

L’accent est toujours mis sur l’interprétation individuelle, mais le cadre groupal permet aussi une interprétation groupale et un étayage sur les autres participants et certains effets de groupe.

Le cadre des séances de psychodrame :

Les séances sont hebdomadaires et durent I/2 heure pour les psychodrames individuels, 1 heure ¼ pour les psychodrames en groupe avec un temps pour le jeu psychodramatique et un temps d’échange plus important entre les patients et le meneur de jeu sur toutes les scènes. Ainsi, les patients peuvent mieux se reconstruire après le jeu et les interprétations remanient les défenses du Moi. Après chaque séance, 30 mn sont consacrées à réfléchir sur notre jeu et celui des patients.

Nous animons un psychodrame individuel et 4 psychodrames en groupe ce qui représente un total de 2 psychodrames familiaux et un psychodrame d’exploration.

Le psychodrame familial :

Les rendez-vous sont mensuels et nécessitent trois thérapeutes, un meneur de jeu qui ne joue pas et deux thérapeutes acteurs.

Les membres de la famille sont invités à faire part de leurs pensées du jour, de celles de la nuit, leurs rêves puis un jeu est décidé en commun et les différents rôles définis, répartis entre les personnes présentes, meneur de jeu excepté.

Les règles énoncées sont celles du psychodrame, tel que nous en avons l'expérience - nous faisons semblant - avec toutefois un aménagement majeur : personne ici ne joue son propre rôle. Comme au psychodrame, un espace spécifique appelé « aire de jeu » est dédié au jeu. Autre règle énoncée appartenant, celle-ci, au cadre de la thérapie familiale : deux générations au moins doivent être présentes pour que la séance ait lieu.

Nous proposons enfin la médiation d’un « arbre généalogique » élaboré et dessiné par l’ensemble de la famille, au cours d’une ou plusieurs séances et auquel nous nous référons régulièrement dans un aller et retour entre ce qui se dit, ce qui se joue et ce qui est tracé.

La représentation qu’ont les membres de la famille de leur propre généalogie peut évoluer, ce qui peut donner lieu à plusieurs arbres successifs au fil des séances.
Deux familles ont bénéficié de ce cadre. L’une, d’octobre 2010 à septembre 2015, à raison d’une séance mensuelle, l’autre de novembre 2011 à mars 2012. Cette dernière thérapie familiale ayant été interrompue prématurément du fait de la maladie somatique grave d’un des membres de la famille.

Concernant les familles que nous avons pu suivre sur un temps suffisamment long, nous avons constaté un allégement du poids de l’histoire familiale, une modification du déni quant à la pathologie grave d’un des membres de la famille, permettant ainsi la possibilité d’un travail de séparation d’avec sa famille et d’autonomisation de ce patient.

Les spécificités du psychodrame :

Cinq éléments constituent l’originalité et la spécificité du psychodrame analytique :

  • La présence d’un groupe de psychanalystes permettant une diffraction du transfert.
  • La médiation par le jeu : le psychodrame permet au patient de découvrir ou de redécouvrir dans le plaisir partagé, un espace de jeu dont la fonction symbolique est essentielle.
  • L’accès à la figurabilité : le jeu de l’acteur permet une figuration des conflits internes inconscients du patient. Il facilite ainsi une mise en forme d’angoisses indicibles, telles les angoisses psychotiques.
  • La dramatisation des conflits : l’émergence de l’affect est recherchée pour la relier à la parole et au geste et permettre un ancrage corporel des pulsions.
  • La dimension corporelle : le psychodrame fait intervenir le corps dans son ensemble et favorise un mode de communication plus primitif par la mimique et par le geste. Il permet au patient un regain d’intérêt pour son corps et un nouvel investissement.

En instaurant un espace de jeu, le psychodrame permet l’accès à la figuration, étape nécessaire à la représentation des conflits. La prise en compte de la dimension corporelle facilite la dramatisation des conflits et leur intériorisation.

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Infos pratiques

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Etudes et Traitement Analytique par le Psychodrame
Adresse

31 rue de Liège,
75008 PARIS

Tél. :
Nous contacter :
psd[at]spasm.fr
Horaires d’ouverture

Les séances de psychodrame ont lieu à l’heure du déjeuner ou en début d’après midi

Moyens d’accès

Métro Liège – Europe – Saint Lazare

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Conditions d’admission

Critére 1 : A la demande du patient
Critére 2 : Sur indication d'un psychiatre, d'un psychothérapeute, d'une institution
Critére 3 : Prise en charge par la sécurité sociale
Critére 4 : Prise en charge par la CMU
Critére 5 : Pas d'avance de frais ni de reste à charge si prise en charge à 100%
Critére 6 : Psychodrame d’exploration : un mois, trois séances hebdomadaires et une consultation
Critére 7 : Psychodrame individuel en groupe : de quelques mois à quelques années, séances hebdomadaires
Critére 8 : Psychodrame familial : de quelques mois à quelques années, séances mensuelles
Critére 9 : A partir de 18 ans

Notre approche

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Emplois

CDI
Temps plein
Hôpital de jour psychiatrie du sujet âgé
Adresse unité:
Hôpital de jour - 80 rue Castagnary - 75015 Paris
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Formations

Etudes et Traitement Analytique par le Psychodrame (E.T.A.P)
Trois années : 149h par an réparties en : 39h de théories et 110 heures de pratiques